Accueil -> Les humanitaires de l’UOSSM durement touchés

Les humanitaires de l'UOSSM durement touchés

Début septembre 2016, des centaines de civils ont été tués et plus de 1 600 personnes ont été blessés après l’intensification des bombardements sur les quartiers Est assiégés de la ville d’Alep. Le personnel médical a été directement visé et les pertes ont été très lourdes. Trois des quatre centres d’intervention des Casques Blancs syriens ont été attaqués, dont un a été complètement détruit. Les équipes de l’UOSSM en Syrie ont aussi été touchées : 5 membres de nos équipes ont perdu la vie le 20 septembre 2016 au cours d’une soirée particulièrement meurtrière.

Mohammad Youssef : le jour de sa mort, le jeune infirmier venait d’être papa. Le matin même, il avait embrassé pour la première et pour la dernière fois son premier enfant, Liane. Il n’était normalement pas de garde ce jour-là mais il s’était dévoué pour remplacer un collègue.

Mohammad Khalaf : infirmier, lui aussi jeune papa, il attendait son deuxième enfant. Grièvement blessé au cours du bombardement, il est décédé des suites de ses blessures au cours de son transfert vers la Turquie le jour d’après.

Mohammad Abdellah : la journée avait bien mal commencé pour cet infirmier. Sa fille de deux ans sortait à peine de l’hôpital et il était extrêmement inquiet. A trois reprises, il était retourné à son domicile pour s’assurer qu’elle avait bien pris ses médicaments. Il l’avait quitté à contrecœur en fin de journée pour secourir les victimes du bombardement de Khan Touman.

Ahmed Abdellah et Bachar Said étaient tous les deux ambulanciers, aux côtés des médecins et infirmiers sur le terrain le soir des bombardements, ils ont été tués alors qu’ils étaient prêts à ramener les nombreux blessés vers les centres médicaux à proximité. Les deux ambulances, financées par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ont été complètement détruites.

Conditions du décès

Dans la soirée du mardi 20 septembre 2016, le village de Khan Touman, dans la région d’Alep, subit une violente attaque aérienne. Immédiatement alertés, les 3 membres du personnel médical de l’UOSSM, accompagnés de leurs 2 ambulanciers, s’y rendent afin d’évacuer les victimes vers les hôpitaux de la région.

Alors qu’ils sont en pleine opération de secours, vers 23h, les avions reviennent à la charge et bombardent de nouveau le village, tuant les 5 soignants et 10 de leurs patients. Les sauveteurs ont été délibérément ciblés.

Cette attaque survient un jour après l’attaque aérienne du convoi de l’ONU et du Croissant Rouge Arabe Syrien, qui a fait plusieurs morts parmi les travailleurs humanitaires, dont le directeur du Croissant Rouge Arabe Syrien.

Le Dr. Ziad Alissa, président de l’UOSSM France, s’était exprimé juste après le drame : « Cette attaque contre notre  personnel et nos installations médicales est inacceptable. Aujourd’hui, l’UOSSM a perdu cinq membres. Les travailleurs humanitaires et le personnel médical sont protégés par le droit international humanitaire. Ils consacrent leur vie à sauver celles des autres. Trop de vies ont été perdues. Nous adressons nos sincères condoléances aux familles des victimes qui ont tout sacrifié pour sauver les vies de leurs concitoyens. Ce sont de vrais héros. »